Une collectivité qui se met à l'IA se pose souvent la mauvaise première question : quel outil, quelle plateforme, quel fournisseur. La vraie question, celle qui reviendra tôt ou tard, est ailleurs : le jour où l'on vous demandera des comptes sur une décision prise avec l'aide de l'IA, que pourrez-vous montrer ?
Car dans le secteur public, un usage n'existe vraiment que s'il est prouvable. Redevabilité devant les élus et les citoyens, contrôle de légalité, exigences RGPD, obligations de l'AI Act, marchés publics auditables : partout, la même attente. Pas « avez-vous utilisé une bonne IA ? », mais « pouvez-vous prouver comment vous l'avez utilisée, et qui en répond ? ».
Dans le public, la question n'est pas de savoir si l'IA a aidé à décider. C'est de pouvoir montrer comment, et qui en répond.
L'AI Act adosse d'ailleurs ses exigences à des sanctions bien réelles, jusqu'à 35 millions d'euros ou 7 % du chiffre d'affaires mondial pour les manquements les plus graves. Mais avant la sanction, il y a le contrôle. Et un contrôle ne se règle pas avec des intentions : il se règle avec une trace.

