Un devoir rendu trop propre. Un vocabulaire qui ne ressemble pas à celui de l'élève. Un plan impeccable, des transitions parfaites, et cette impression désagréable de lire un texte que personne n'a vraiment écrit. L'enseignant hésite. Un détecteur lui donnerait un pourcentage.
Mais que faire d'un pourcentage ? Est-ce que cela vaut une note zéro, une conversation, une convocation ? Est-ce que le collègue d'à côté ferait pareil ? Que répondra-t-on à la famille si elle conteste ? Tant qu'aucune règle n'est écrite, personne ne peut le dire.
Le score d'un détecteur d'IA reste une estimation.
Ces logiciels comparent un texte à ce qu'une IA aurait pu produire. Ils affichent le résultat en pourcentage ou en score. Un pourcentage a l'air précis. Ce n'est pourtant qu'une probabilité.
Le cadre national d'usage de l'IA en éducation, publié en juin 2025, le dit aux adultes : « évitez d'utiliser des logiciels de détection de contenus générés par l'IA : peu fiables, ils pourraient conduire à pénaliser à tort un élève ». Or une accusation de fraude engage un élève, un enseignant et un établissement. Si l'élève conteste, c'est l'établissement, pas le détecteur, qui devra s'expliquer devant la famille.
Un détecteur donne un chiffre. Sans règle, la décision reste à l'enseignant, seul.

