Une charte sert à trancher : à dire, devant un cas précis, ce qui est permis et ce qui ne l'est pas. Pour savoir si une charte tranche, relisez-la en pensant à un cas concret, celui d'une personne pressée.
Une relance client, un lundi matin : le nom du client peut-il aller dans l’IA ?
Imaginez une commerciale qui prépare une relance. Le client est en retard de paiement depuis six semaines, le dossier est tendu, elle cherche le ton juste. Elle ouvre un outil d'IA, colle le nom du client, le montant dû, deux phrases du dernier échange, et demande un message ferme mais courtois.
Une charte peut dire quelque chose comme : « ne pas saisir de données confidentielles dans les outils d'IA non validés ». C'est juste dans l'intention, et difficile à appliquer à cet instant précis. Car sur le moment, elle doit trancher trois questions. Le nom d'un client est-il une donnée confidentielle ? Le montant d'une facture en est-il une ? Et l'outil qu'elle a sous les yeux, qui l'a validé ?
L'enjeu est réel : ce qu'elle colle part chez le fournisseur de cette IA. Il est traité selon les conditions du compte qu'elle utilise, et un compte personnel gratuit n'a pas forcément les mêmes conditions qu'un compte choisi par l'entreprise. Si la charte ne répond pas, elle doit trouver quelqu'un qui sait. Si la charte ne dit pas qui, elle risque de trancher seule, faute de temps. Et personne dans l'organisation ne saura ce qu'elle a décidé.
Une charte qu'il faut interpréter au moment de s'en servir laisse la personne qui l'applique seule devant la décision.

